Je m’adonnais au plaisir futile,
De cette plante verte et gracieuse,
Oubliant mes maux en fumées subtiles,
Accompagnée d’une petite gueuze.
J’avalais un morceau de buvard illicite,
Au pouvoir hallucinogène fantastique,
Aimant ce monde hétéroclite,
Comme une toile surréaliste et onirique.
Je déposais dans ma bouche,
De drôles de pilules amaigrissantes,
Ayant la particularité un peu louche,
De me tenir éveillée une semaine délirante.
Un mètre soixante dix, quarante cinq kilos,
Silhouette androgyne, fantomatique ambulante,
Me regardant horrifiée, à la mort j’ai tourné le dos,
Je décidais enfin que j’avais le droit de redevenir vivante.
Le dortoir,
Dans cette grande salle, plusieurs lits deux par deux séparés par des paravents, une armoire pour ranger ses affaires.
Au fond l’endroit ou se trouve l’éducateur en charge de veiller sur notre sommeil…
Doudous et autre jouets interdits dans les lits…
Sont autorisés tout juste une lettre de ses parents quand ils écrivent ou une photo, une carte postale dans le tiroir de la table de chevet…
Des sanglots, des paires de claques pour les calmer ou une bonne douche froide.
Ceux qui pissent au lit doivent êtres réveillées à minuit pour aller aux toilettes.
Pour les récalcitrants qui ont déjà mouillés leurs lits, sanction : le drap pisseux sur la tête et quarantaine, on ne parle pas aux pisseurs …
Serrer les dents, serrer les poings, ne pas pleurer, imaginer que tout vas bien…
Les enfants,
Il y a ceux qui n’ont plus de parents, il y a ceux sont la souvent là, par périodes, tout dépend de la fréquence du suicide de la mère, des beuveries du père ou des marques de coups plus ou moins visibles, ou de la famine de la famille.
La durée du séjour est déterminée par un juge des enfants ou par une assistante sociale.
Des cas sociaux, de la vermine, des futurs délinquants comme dirait l’éducateur mal payé par l’état.
Ne pas parler, serrer les dents, serrer les poings, ne pas pleurer ils seraient trop contents…
Les psychologues,
Ils convoquent, certains sont sympas, ils te demandent de dessiner, moi je croquais des arbres déjà…
D’autres te regardaient droit dans les yeux et ne parlaient pas, ils attendaient que tu causes, ben non j’vous ferais pas ce plaisir…
Il a fait son métier, remplit un document, mit un coup de tampon.
Se taire, serrer les dents, serrer les poings, ne pas pleurer et rêver de liberté à en crever.
Au nom d’Allah je fais exploser des tours, je tue des êtres humains,
Au nom de Jésus je justifie les crimes des croisades,
Au nom du sacré saint pétrole j'envahis l'Irak,
Au nom du judaïsme je ne partage pas ma terre,
Au nom de la pensée unique je suis un dictateur,
Au nom de la politique je magouille.
Au nom des innocents sacrifiés sur l'hôtel de vos convictions,
Foutez nous la paix !
Au nom de la terre polluée par vos usines à fric,
La nature reprendra ses droits !
Au nom de la terre des hommes,
Il reste des Humains, et même s'il n'y en a qu'un, c'est que l'amour et la tendresse existent !
Les mots morts sont impossibles à crier,
Le coeur en implosion,
L’angoisse prend le dessus, la gorge serrée,
Dans la tête explosion.
Une pensée unique morne et sans appétit,
Pleine de concessions, votées,
Nous fabriquerons des moutons élevés en batterie,
Un monde vomitif et glacé.
Ils bâillonneront en paix, le libre penseur,
Bande de crétins asservis,
Ils installeront la sécurité par la terreur,
Et nos rêves inassouvis.
Tel un chien pour l’empêcher de mordre,
Humanoïde en laisse muselé,
Sacrifieront la vie au nom de l’ordre,
Détourneront le mot liberté.
Et quand la dictature sera enfin installée,
Emprisonnés sentiments et l’amour,
Nous pourrons perdre la vie sans protester,
Nuit remplacera le jour.
Il serait si facile de s’égarer du faible équilibre entre
La force vive de l’imagination et les méandres de la folie,
De se laisser transporter, glisser dans les couleurs
Rentrer dans l’âme d’un peintre, voyage étrange et infini,
Il serait plus simple de fermer les paupières, sur ce monde impossible
Ne plus voir à s’en crever les yeux, devenir sourd aux bruits de la souffrance,
S’évader à s’exploser le cœur et enfin ne plus retrouver le chemin du réel,
Pour ne plus revenir, il serait si facile…
J’aurai voulu savoir te dire,
De jolis mots, ceux qui parlent d’amour,
J’aurai aimé pouvoir t’écrire,
Des lettres avec des je t’aime, et des toujours.
Terrible silence avide de pudeur,
Odieux non- dits implacables, la parole altérée,
Alors je balance furieusement les couleurs,
Qui te disent des choses torrides, insensées.
Des teintes colorées comme mes émotions,
Des gouaches sans demi-teintes, amoureuses,
Des sculptures lumineuses, sans façons,
Des nuances et des formes heureuses.
Allongée sereine sur le sable chaud,
Loin des brouhahas du monde en furie,
Le sable à fleur de peau,
Si éloignée de la foule qui m’ennuie,
Je rêve !
Nue comme au commencement du monde,
Dépouillée de toutes impostures,
Soleil bienfaiteur qui m’inonde,
Loin, très loin dune... réalité si dure,
Je rêve !
J’voulais faire des rimes,
Petits poètes pédants,
Pompeux, poseurs,
Prétentieux, chiants,
Présomptueux et crâneurs.
Petits peintres précieux,
Pontifiant, persifleurs,
Pitoyables, envieux,
Piquants et frimeurs.
Artistes de touts poils, même sans…
Virtuoses de la prose, monumental ego,
Barbouilleurs couleur rouge sang...
Ecrivains et maestros.
Chanteurs sans voix, star académie,
Intellectuels sans âme, même avec,
Musiciens atteints de mégalomanie,
Rimailleurs intrinsèques.
J’préfère dormir avant d’épuiser le dico
Comment vous dire, madame, mon émoi, quand vous vous choquez au mot bite ?
Pourtant, madame, vous y avez goûté ! Pourtant, madame, vous l’avez bien touché !
Mais voyez-vous, madame, nous n’avons pas votre culture là où j’habite,
Ici nous appelons un chat un chat, n'en déplaise à votre monde limité !
Certainement, madame, il eut été plus joli de dire phallus,
Vous dites que je suis vulgaire, que nous n’avons pas les mêmes valeurs,
Encore, madame, eut- il fallu que je susse,
Les seuls biens que je reconnaisse sont ceux de la nature et du cœur !
Loin d’être innocente, madame, avec vos airs de ne pas y toucher,
Bien chastes sont vos oreilles par rapport à vos fesses,
Vous me faites bien rire, madame, non ne faites pas l'étonnée !
J’aime parler de cul sans détours et sans retenue, je vous le confesse.
Ce n’est pas mon style désolé, je ne cire pas les pompes,
Je laisse cela à ceux dont c’est le métier, eux je les respecte,
Comme l’éléphant barrit, je pense que tu te trompes,
L’élitisme que tu pratiques, pour tout dire me débecte.
Je suis entière et je n’en suis nullement chagrinée,
Même pour vous plaire et ne pas vous décevoir,
Au nom de qui et pourquoi je me devrais de changer ?
Je n’aime pas particulièrement m’admirer dans le miroir.
Quand je fais de la peine à quelqu’un ce n’est pas gratuitement,
Mais vos propos sournois m’ont touchée plus que de raison,
Provocante c’est vrai, en quête de gens vrais, naturellement,
Souvent je gratte le vernis pour voir le fond du fond…
Ayant déjà un mal fou à vivre dans ce monde qui m’agresse,
Je veux pouvoir penser librement et dire les choses comme je les respire,
Sans convenances hypocrites, ni vaines promesses,
N’être pas associée au paon, mais affranchie comme l’oiseau lyre.
Faire briller frénétiquement les pompes en leurs crachant dessus,
Passer ensuite du cirage, un chiffon doux et la brosse à reluire,
Elle sont superbement brillantes de la pointe jusqu’au cul,
Mais cela ne dure que le temps de marcher dans la merde, même si l’on porte du cuir.
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